samedi 5 février 2011

Borderlands

Sur Pandore, vaste étendue désertique, les lois s'écrivent chaque jour avec le sang des faibles. Planète étrange aux allures de Far West post-apocalyptique, ce sinistre caillou sera néanmoins le théâtre d'une stupéfiante aventure. La vôtre, et peut-être même celle des potes qui auront le courage d'arpenter ce monde à vos côtés pour tenter de retrouver l'Arche, un trésor alien inestimable enfoui sous terre. Ainsi, qui que vous soyez, bienvenue dans Borderlands, un titre unique à la croisée des chemins entre le FPS et le jeu de rôle.
Borderlands
Borderlands est effectivement né d'une ambition folle, celle de mêler deux genres bien distincts en un tout cohérent. Et force est de constater que le résultat de ce pari est pour le moins convaincant. Alors certes, il ne faut pas attendre de Borderlands une histoire touffue, marquée par de terribles révélations et d'incroyables retournements de situation. On n'espérera pas plus du jeu qu'il nous offre des séquences "Call of Dutyiesques" bourrées de scripts et de folies visuelles. Non, pour tout dire, le gros bébé de Gearbox s'apparente davantage à un gros défouloir, dans lequel on tuera des hordes de bad guys et de bestioles baveuses pour le simple plaisir de faire grimper nos statistiques et de s'approprier des flingues toujours plus puissants. Ni plus ni moins. Cela dit, si Borderlands ne nous propose pas de scénario digne de ce nom, il parvient tout de même à donner vie à un univers délirant qui emprunte autant à Mad Max qu'à l'excellente série Firefly. Mature et extrêmement violent en dépit d'un cel shading que l'on associerait volontiers à un titre au ton plus léger, Borderlands présente un univers peuplé de tueurs psychopathes regroupés dans des bases crasseuses décorées de restes humains. Le titre profite d'ailleurs d'un design particulièrement délirant qui achève de donner vie à ce monde de jobards meurtriers.
Test Borderlands Playstation 3 - Screenshot 59La fine équipe de Borderlands dans toute sa splendeur.
Et quand on parle de jobards justement, autant faire les présentations avec les 4 chasseurs de trésors qu'il sera possible d'incarner dans le jeu. Chacun de ces énergumènes possède ses armes de prédilection et profite de surcroît d'une compétence spéciale qu'il pourra évidemment faire évoluer au fil de ses pérégrinations. Chaque classe (puisqu'au fond, c'est de cela qu'il s'agit) accédera même à des objets et mods spécifiques qui révéleront d'ailleurs leur plein potentiel lorsqu'on traversera le soft en coopération. Bref, sachez donc, jeunes aventuriers, que vous pourrez partir à la chasse dans les bottes de Brick le Furieux, une montagne de muscles adepte des armes lourdes et capable de pulvériser du mob à la seule force de ses poings d'acier. Radicalement opposé au bourrin de service, Mordecai préfère largement un bon fusil de snipe et un joli petit flingue. Le bougre est en plus accompagné d'un oiseau de proie qu'il enverra volontiers picorer les yeux des ennemis trop entreprenants. Le troisième larron répond au doux nom de Roland. C'est le soldat du groupe et c'est aussi le personnage le plus polyvalent. A l'aise dans toutes les situations, le bonhomme privilégie toutefois les fusils d'assaut et les bons vieux pompes. Il peut également déployer une tourelle automatique associée à un petit bouclier bien pratique pour se soustraire un temps aux bastos adverses. Enfin, comme un pétale de rose perdu dans les égouts, on découvre Lilith la Sirène, dont le pécher mignon se trouve être les pétoires spéciales aux munitions incendiaires, électriques ou corrosives. Mais la particularité de la belle, c'est de pouvoir déclencher l'hyperphase, et donc de devenir invisible et très rapide pendant un bref moment tout en infligeant des dommages aux ennemis à proximité.
Test Borderlands Playstation 3 - Screenshot 60Délirants et vite agaçants, ces petits robots pourront néanmoins vous fournir des améliorations.
Tous ces joyeux drilles disposent d'un arbre de compétences unique, divisé en trois branches et que vous pourrez faire fleurir en prenant des niveaux. Chaque fois que vous passerez un nouveau palier, votre héros deviendra plus résistant et plus puissant et bénéficiera d'un point de compétence à allouer comme bon vous semblera. Lilith par exemple, pourra choisir de regagner de la santé lorsqu'elle déclenchera l'hyperphase. Mordecai pourra quant à lui faire de son oiseau un véritable petit vampire, capable de voler des points de vie à l'ennemi pour en faire profiter le patron. Charmant. Les options sont nombreuses, toujours utiles et ne déséquilibrent jamais le jeu en rendant votre personnage trop puissant. Pouvoir développer son guerrier est incontestablement l'un des plus grands plaisirs de Borderlands. Mais que faire pour engranger de l'expérience et booster votre héros vous demandez-vous sans doute ? C'est pourtant simple, il vous faudra tuer, tuer, et encore tuer. On se livrera à ce joyeux passe-temps en parcourant librement un monde vaste et divisé en secteurs plus ou moins dangereux, ou en terminant de nombreuses quêtes, calquées, il faut bien l'avouer, sur le plus basique des MMO. Collecter des cristaux, brûler la cervelle de 10 skags, ces chiens errants qui pullulent dans le désert, récupérer tel fusil, abattre tel chef de gang... Le jeu intègre même un système de défis bien basiques (tuer 1000 ennemis au corps-à-corps, écraser 25 personnes en buggie) qui vous permettront d'obtenir toujours plus de points d'EXP. Pour le coup, Borderlands ne fait plus preuve de la moindre originalité.
Test Borderlands Playstation 3 - Screenshot 61Dans Borderlands, les tirs à la tête se traduisent sous la forme de "coups critiques".
On prendra néanmoins beaucoup de plaisir à dégommer des hordes d'ennemis avant de se jeter sur les innombrables objets que ces derniers ne manqueront jamais de faire tomber en expirant. Pistolets, fusils de snipe, shotguns, fusils d'assaut, SMG, RPG, grenades, munitions, mods pour les grenades (pour les rendre adhésives ou même capables de se téléporter directement aux pieds de votre cible du moment), mods directs pour vos compétences ou boucliers plus puissants aux fonctionnalités diverses (régénération de santé, résistance accrue aux projectiles enflammés, etc.). Il suffit d'ailleurs de pointer un objet pour voir s'ouvrir une fenêtre résumant toutes ses caractéristiques : puissance, cadence de feu, taille du chargeur, dispersion plus quelques petites étrangetés, comme la possibilité de profiter de bonus lorsqu'on matraquera un méchant à coups de crosse. Le tri demandera donc du temps mais ne posera pas vraiment de problèmes, du fait d'un ingénieux code couleur. Une caractéristique marquée en vert dénotera une amélioration par rapport à votre matos actuel, tandis que du rouge indiquera un matos moins performant. Ces multiples items pourront également être dénichés en farfouillant dans les endroits les plus divers : boîtes à lettres, caisses, tas de détritus voire cuvettes de chiottes. Dans Borderlands, tout peut contenir du matos ou des dollars, qu'on ira d'ailleurs dépenser dans les distributeurs d'armes du coin, en profitant parfois d'offres limitées dans le temps.
Test Borderlands Playstation 3 - Screenshot 62Si vous succombez, vous aurez quelques secondes pour faire un frag et ainsi profiter d'une seconde chance.
Là encore, le titre de Gearbox se révèle terriblement prenant. De fait, on tend rapidement à oublier la forme des ennemis, pourtant variés et fun à combattre, pour ne plus voir en eux qu'une source d'EXP et de nouvelles armes. Emporté par cette pluie particulièrement jouissive d'ustensiles de guerre, l'humble auteur de ces lignes en oublierait presque de parler des fusillades en elles-mêmes. Or de ce côté-là, Borderlands fait encore une fois bien son boulot, même si les inquiétudes que certains n'avaient pas manqué de manifester en visionnant les récentes vidéos de gameplay de la bête prennent parfois corps. L'IA des ennemis dans Borderlands est assez quelconque, ces derniers se contentant souvent de foncer vers vous tête baissée, en ligne droite. Les maîtres incontestés de ce comportement sont d'ailleurs les boss, évidemment capables d'encaisser plus de 200 kilos de plomb avant de rendre l'âme (et de dropper un max de loot). Reste qu'en général, le nombre des ennemis et leur variété imposent au joueur d'être extrêmement prudent, d'assurer les tirs à la tête (synonymes de "coups critiques") et de se préserver autant que possible. Cerné par 5 nabots incendiaires, arrosé par un sniper placé sur une corniche tout en regardant d'un oeil une brute et son hachoir se rapprocher à pas lourds, on devra souvent la jouer fine pour s'en sortir vivant. La victoire, pour peu que les ennemis aient un niveau supérieur au vôtre, devient alors grisante. On appréciera notamment le fait de pouvoir, au culot et au talent, affronter un ennemi beaucoup plus fort pour au final, générer un raz de marée d'EXP. Cela dit, même avec toute la bonne volonté du monde, certains adversaires vous seront inaccessibles sans avoir passé quelque temps à leveller.
Test Borderlands Playstation 3 - Screenshot 63Les véhicules ne sont pas très maniables mais restent cependant indispensables pour parcourir le monde.
Borderlands parvient néanmoins à maintenir un structure suffisamment cohérente pour ne pas vous obliger pas à passer des heures à tuer du skag. Il suffira plus généralement de vous rendre au tableau des quêtes des grandes villes et de sélectionner quelques missions adaptées à votre niveau (où fondamentalement, on tuera autre chose que des clébards...). Bref, en dépit de sa répétitivité parfois digne d'unMMO coréen, le bébé de Gearbox reste un petit plaisir à traverser. Comparaison assez douteuse, qui permettra néanmoins de faire la transition vers l'ultime force de Borderlands : son multijoueur. Comme nous l'évoquions déjà, le titre peut être effectivement parcouru en coopération, à 2 en écran splitté sur consoles ou bien à 4 en local ou sur le net. Or c'est là, véritablement, que le jeu révèle tout son intérêt. Car malgré quelques grosses lacunes, comme l'impossibilité de partager de l'argent ou de donner des armes à vos potes autrement qu'en les jetant sur le sol, Borderlands prend alors des airs de magnifique aventure. La puissance des adversaires se calquera sur la force de votre groupe, qui pourra accueillir des personnages de tout niveau. Notez d'ailleurs qu'il est tout à fait possible d'utiliser les héros que vous aurez développés en solo. Dans tous les cas, on devra jouer intelligemment en protégeant les plus faibles, en partageant les munitions et en laissant les bonnes armes à ceux qui sauront le mieux en tirer parti.
Test Borderlands Playstation 3 - Screenshot 64De nombreux coffres au contenu aléatoire joncheront votre route.
Du coup Borderlands ne pourra vraiment s'apprécier qu'avec une bande de potes. Encore que, si au cours d'une partie peuplée de parfaits inconnus, vous en veniez à jeter votre dévolu sur la même pétoire, un petit échange de coups de crosses fera basculer le jeu en mode duel. Bon, certes, vous ne récupérerez pas nécessairement l'objet du litige, mais vous pourrez au moins vous défouler un peu contre le sagouin. Et si vous perdez le duel, vous ne souffrirez que d'une petite perte de points de vie. Bref, Borderlands ne manque pas d'arguments et nous pourrions encore blablater un moment sur les véhicules au maniement perfectible mais indispensables ou sur toutes les richesses d'un monde qu'il faudra entre 30 et 60 heures pour traverser. Avec son design ravageur, ses combats réussis, ses tonnes d'objets à collecter et son système de progression gratifiant, nul doute que Borderlands saura satisfaire des tripotées d'aventuriers. Comme quoi Gearbox est bel et bien parvenu à tenir son pari. Chapeau bas messieurs.

jeudi 3 février 2011

Command & Conquer

Alors que la plupart des jeux de stratégie de l'époque se jouaient au tour par tour, le début des années 90 marque l'avènement des STR, autrement dit, les jeux de stratégie en temps réel. Si Dune et Warcraft ont tout d'abord posé les bases du STR moderne, l'énorme succès que rencontra Command and Conquer en 1995 a clairement contribué à populariser un genre jusque-là encore peu connu. Retour sur le premier volet d'une saga qui deviendra mythique.
Command & Conquer Fin du XXe siècle, une météorite s'écrase aux alentours du Tibre en Italie libérant une substance inconnue : Le Tibérium. La principale caractéristique de ce dernier est d'aspirer les minéraux et métaux lourds enfouis dans le sol afin de les cristalliser en surface donnant, à qui possède les moyens de les raffiner, une ressource en argent quasi infinie. Il s'agit néanmoins d'agir avec la plus haute précaution car le Tibérium s'avère également hautement toxique et la moindre exposition au précieux matériau peut très vite engendrer la mort de l'individu. Le développement exponentiel du Tibérium sur toute la planète va permettre l'émergence d'un groupe terroriste : la Confrérie du NOD. En effet, cette dernière a très vite compris l'intérêt de contrôler le précieux minerai et ne perdra pas de temps à étendre son influence à travers le monde jusqu'à contrôler plus de la moitié des ressources de Tibérium de la planète. Alertées par le danger que représente l'expansion du NOD, les Nations unies décident alors de créer la Global Defense Initiative plus connue sous le nom de GDI pour contrer cette menace. La première guerre du Tibérium est désormais en marche et rien ne pourra l'arrêter.
Test Command & Conquer Playstation 3 - Screenshot 9Kane lors de sa première apparition qui deviendra une scène culte de la saga.
Vous l'aurez compris, vous aurez le choix entre ces deux factions, et de votre choix dépendra de nombreuses choses. Si vous choisissez le GDI vous recevrez vos ordres du Général Sheppard et agirez en Europe où votre objectif final sera la destruction du Temple du Nod basé à Sarajevo. En revanche, si vous choisissez le NOD, vous opérerez en Afrique, tout d'abord sous les ordres de Seth puis enfin sous les ordres du charismatique leader de la confrérie Kane. Les différences entre les deux camps ne s'arrêtent heureusement pas là, chacune des factions disposant d'un arsenal qui lui est propre ce qui évidemment modifie la stratégie à adopter selon le groupe que vous dirigez. Le GDI possède un armement plutôt lourd conçu pour les attaques de front. Le légendaire Char mammouth en est d'ailleurs la parfaite incarnation grâce à ses canons puissants, son blindage épais et sa barre d'énergie particulièrement haute. Le principal défaut des unités des nations alliées étant leur lenteur à être produites et leur coût particulièrement élevé. Le NOD est davantage équipé pour des attaques rapides et discrètes. Ses unités ont un blindage relativement léger mais les caractéristiques précieuses de chacune des dites unités, telles que le char lance-flammes ou le tank furtif, ainsi que le faible coût de production compensent cet handicap. On notera également dans les rangs du NOD la présence de la plus forte unité de défense du jeu qui deviendra incontournable dans les prochains volets : L'Obélisque de lumière.
Test Command & Conquer Playstation 3 - Screenshot 10L'explosion du missile nucléaire du NOD.
Après avoir choisi votre camp et lancé votre campagne vous êtes immédiatement immergé dans l'action grâce à une courte vidéo tournée avec des acteurs réels. Ce briefing qui deviendra un standard des prochains Command & Conquer était suffisamment original à l'époque pour pouvoir être noté. Les performances vont du assez bon (Joe Kucan) au moyen, voire très moyen (la performance du Dr Moebius doit tout simplement être une mauvaise plaisanterie). Néanmoins avoir sur son écran un personnage réel qui vous communique votre mission est toujours des plus plaisants. Le jeu quant à lui n'est pas spécialement beau, mais les graphismes sont acceptables et les sprites se reconnaissent facilement. On note cependant quelques ralentissements quand trop d'unités sont affichées à l'écran ce qui malheureusement vient parfois gâcher la jouabilité qui est pourtant d'ordinaire plutôt bonne si l'on considère que le jeu est à la base conçu pour être joué à la souris. La bande-son est composée de plusieurs musiques jouées en boucle qui s'écoutent sans déplaisir tandis que les voix et bruitages sont plutôt réussis.
Test Command & Conquer Playstation 3 - Screenshot 11La terrifiante Obélisque de lumière en action.
Le gameplay est des plus basiques, il faudra généralement construire une base, chaque structure créée permettant la création d'autres structures ou unités. Deux ressources sont présentes à savoir l'électricité qui permet de faire fonctionner tous les bâtiments de votre base et le Tibérium qui une fois transformé à la raffinerie rapporte de l'argent. Si généralement l'objectif de la mission sera de détruire toute présence adverse, on note cependant parfois des objectifs différents particulièrement plaisants. Il faudra ainsi de temps à autre capturer un bâtiment ennemi, protéger le Dr Moebius ou détruire un village de rebelles. Trois super-armes seront également à votre disposition, deux pour le GDI et une pour le NOD. Le GDI possède l'attaque aérienne sous condition d'avoir détruit tous les sites SAM du NOD, ainsi que le Canon à Ions, dévastateur mais couvrant une petite zone. Le NOD possède une seule arme mais la plus puissante, à savoir le missile nucléaire capable de détruire de nombreux bâtiments en une seule frappe.
Test Command & Conquer Playstation 3 - Screenshot 12Plusieurs choix de mission vous seront parfois offerts.
Pour conclure, Command & Conquer, en posant clairement les bases du STR moderne, s'est très vite imposé comme incontournable au même titre que Warcraft, Ages of Empire ou Starcraft. Disposant à la base d'une durée de vie raisonnable grâce aux deux campagnes sur PC, la version sur PS1 dispose en plus de cinq missions exclusives plus une dizaine de missions cachées très difficiles qui vous tiendront en haleine plusieurs heures durant, rallongeant encore sa durée de vie. Au final Command and Conquer, bien que désormais graphiquement dépassé, reste encore un titre plutôt agréable à parcourir d'autant plus qu'Electronic Arts l'a désormais placé en téléchargement gratuit sur son site. Il n y a donc plus aucune excuse pour ne pas avoir essayé au moins une fois le premier volet de la saga.

Virtua Fighter 2

Alors que l'excellent jeu de combat en 3D Virtua Fighter 2 avait absolument enchanté les amateurs de pains et autres coups de tatane sur Saturn en 1996, son adaptation Megadrive en 2D fut bien loin de susciter le même engouement. Pas de chance, c'est cette dernière qui débarque aujourd'hui sur iPhone avec un portage tout simplement grotesque.
Virtua Fighter 2 Premier jeu de combat en 3D, la série Virtua Fighter a tout d'abord cartonné dans les salles d'arcade dès 1993 avant de s'inviter sur Saturn en 1996. Considéré comme l'un des meilleurs jeux de baston de son époque, Virtua Fighter 2 a laissé de merveilleux souvenirs à toute une génération de joueurs bluffés par ses graphismes en haute résolution et la profondeur de son gameplay. Alors que l'iPhone était à l'évidence largement capable de faire tourner ce grand classique des années 90, Sega nous propose en fait de découvrir aujourd'hui une pauvre version Megadrive en 2D totalement obsolète. Et c'est peu dire que la déception ressentie est à la mesure de l'étonnement initial...
Test Virtua Fighter 2 iPhone/iPod - Screenshot 1Cette version Megadrive en 2D était déjà obsolète en 1997.
Peu de joueurs se souviennent de la version Megadrive (ou Genesis) de Virtua Fighter 2 avec nostalgie. Il faut dire que déjà en 1997, ce titre à l'ancienne a eu bien du mal à faire bonne figure face à Tekken 2 ou aux autres nouvelles référence des jeux de combat en 3D. Bien entendu, sur iPhone en 2011, le constat est encore plus sévère. Car non seulement les graphismes d'origine ont affreusement mal vieilli mais l'écran tactile ne permet pas le moins du monde de profiter de l'expérience, bien au contraire. Couvrant le quart inférieur de l'écran, le stick et les trois boutons virtuels (Guard, Punch, Kick) utilisés pour diriger les 8 combattants disponibles ne sont pas du tout adaptés à un gameplay exigeant des manipulations complexes et rapides. Résultat, dès les premiers rounds du mode Arcade, on s'arrache les cheveux en essayant d'effectuer des coups un tant soit peu évolués. Demi-cercle avant + Punch, Bas/avant + Punch maintenu ou même arrière-bas/avant + Punch + Kick... Attendez-vous à vivre un véritable cauchemar ! De plus, il vous faudra trouver la plupart de ces prises formidablement intuitives vous-même puisque les développeurs n'ont même pas fait l'effort d'en inclure une liste sur le menu de pause...
Test Virtua Fighter 2 iPhone/iPod - Screenshot 2La vue alternative n'arrange rien à la jouabilité désastreuse.
Comme on pouvait s'y attendre, les combats mollassons de Virtua Fighter 2 sur Megadrive sont tout aussi soporifiques sur iPhone. Un saut dure plusieurs secondes, les projections semblent se dérouler au ralenti et les combos que l'on peut effectuer en combinant le bouton de Punch et celui de Kick sont très limités. Par ailleurs, les dégâts sont si mal équilibrés qu'il arrive parfois qu'un simple coup de pied fasse trois fois plus de mal qu'une série entière de mandales savamment placées. De toutes façons, il n'y a rien à sauver dans ce triste portage vendu au prix de 1,59 euro sur l'AppStore. La vue alternative dont on dispose pour séparer la zone d'action et les commandes virtuelles est totalement injouable. Le mode Arcade n'est qu'une succession d'affrontements sans âme dans des décors qui se ressemblent tous. Le mode multijoueur nécessite d'avoir un ami à ses côtés pour s'ennuyer à deux et il y n'y a aucun bonus à débloquer d'un bout à l'autre de cette très courte mais si pénible expérience. Dès lors, on se demande comment Sega a pu ressusciter un soft aussi mal adapté à notre époque et à l'iPhone au détriment d'autres titres qui auraient mérité cent fois de connaître une nouvelle jeunesse sur Smartphone. A ce niveau-là, ce n'est même pas une faute de goût, c'est une décision insensée.

Mass Effect 2

Jusque là réservée aux joueurs Xbox 360 et PC, la saga Mass Effect vient finalement s'offrir aux adeptes de la PS3. Un RPG-action indispensable à tout amateur de science-fiction, même si sur PS3, il faudra malheureusement se débrouiller en faisant l'impasse sur le premier volet. Cette version étant identique à la version originale, ses particularités sont détaillées en fin de test. Sachez toutefois qu'un comics interactif permet aux joueurs de s'initier à l'univers Mass Effect.
Mass Effect 2 Normalement, lorsqu'on cherche à démarrer le test d'un jeu comme Mass Effect, il est d'usage d'en planter le décor, de faire le pitch comme on dit. Or, deux problèmes se posent : d'une part, l'éditeur et le développeur tiennent expressément à ce que certains détails restent secrets, d'autre part, la simple bonne volonté empêche votre serviteur de vous parler ne serait-ce que des premières minutes du jeu. Et c'est bien dommage parce que si on ne devait conserver qu'une seule qualité à Mass Effect 2, ce serait son scénario, sa narration. Si on évite les spoilers, disons que ce second volet se déroule un certain temps après le premier, Sovereign est mort et enterré, mais la menace représentée par les Moissonneurs n'en n'est pas moins réelle, même si en dehors de Shepard, peu de personnes acceptent d'y croire. Sans rien dévoiler, sachez que chez Bioware, on considère que ce second volet est l'équivalent de l'Empire Contre-Attaque de la trilogie Star Wars. A savoir : un épisode plus sombre, plus violent, carrément pessimiste. La richesse et la cohérence de l'univers qui avaient fortement séduit dans le premier Mass Effect nous happent de nouveau dans cette traversée de la galaxie, mais clairement, à côté de sa suite, le premier opus ressemble à une croisière Disney.
Test Mass Effect 2 Playstation 3 - Screenshot 68L'Homme Trouble est un amateur de mystères.
Cette noirceur, on la retrouve à tous les niveaux. Les lieux visités par exemple seront bien plus sombres, voire glauques, station pénitentiaire, colonies dévastées par les mystérieux Récolteurs, clubs louches, planète décharge ou pulvérisée etc. Mais ce sont essentiellement les dialogues qui témoignent de ce changement de ton. Si vous êtes en pleine lecture de ce test, c'est que vous connaissez déjà le système de dialogue simplement génial de Mass Effect. Ici, il gagne encore en sublime par une qualité d'écriture exceptionnelle, une mise en scène encore plus travaillée, des plans de caméra judicieux et un éclairage soigné. En gros, l'aspect cinématique interactive se montre de plus en plus immersif. Mais on note surtout un changement de ton, avec des dialogues plus crus, des choix parfois nettement plus corsés, aux implications quelquefois très lourdes. Ce qui n'empêche pas une certaine légèreté qui prêtera fréquemment à sourire, voire à se marrer.
Test Mass Effect 2 Playstation 3 - Screenshot 69Apprendre à combiner les pouvoirs est un atout capital dans les combats.
En outre, Bioware a intégré une petite nouveauté dans ces séquences : l'interruption. Au cours de certains dialogues, une icône apparaît durant quelques secondes soit à gauche, soit à droite de l'écran, l'une correspondant à une action audacieuse, l'autre héroïque. Si on appuie sur la bonne touche au bon moment, Shepard change d'attitude. Un garde vous pose des problèmes pour vous laisser entrer dans une pièce, si vous trouvez que la négociation traîne, il suffit de ne pas louper l'occasion qui vous est donnée de le pousser à travers la baie vitrée. En sortant du bureau de recrutement des mercenaires, vous croisez un gamin, l'icône d'héroïsme apparaît brièvement, si vous êtes vif, vous le persuaderez de réfléchir à sa décision. L'intégration est naturelle, l'effet excellent et en plus, ça vaut des points de pragmatisme ou de conciliation.
Test Mass Effect 2 Playstation 3 - Screenshot 70Un petit aperçu de la carte galactique et de ses nombreux mondes.
Evidemment, l'apparition d'une interruption héroïque ou audacieuse dépend de votre alignement, de votre tendance à négocier ou à frapper. Et si vous avez conservé vos sauvegardes de Mass Effect, cette tendance sera l'héritage directe de votre ancien personnage. Aussi bien sur PC que sur Xbox 360, il est possible d'importer son ancien personnage. Une possibilité dont l'intérêt principal est de prendre en compte tous les choix que vous aviez effectués (sauver ou pas le conseil, tuer Wrex etc.). Réactions des autres personnages et possibilités de gameplay dépendront de tous ces choix. Et si vous n'avez plus de sauvegardes, un système de questions/réponses vous permettra de remédier au problème. Puis, il vous faudra vous mettre dans les pantoufles des classes du jeu. Au nombre de 6 elles vont de l'Adepte spécialisé dans les pouvoirs biotiques façon Jedi à l'Ingénieur capable de pirater l'IA ou de contrôler des drones jusqu'au Soldat amateur de gros flingues, chaque classe pouvant accéder à certains types d'armes ou pouvoirs. Des classes qui restent bien semblables à celles du premier jeu, on ne s'attardera pas trop dessus.
Test Mass Effect 2 Playstation 3 - Screenshot 71Les actions d’interruption sont une excellente trouvaille.
Le système de compétences mérite en revanche qu'on se penche sur son cas. Sacrément remodelé, il compte moins de branches qu'autrefois mais permet d'accéder à 7 aptitudes utilisables sur le terrain, chacune ayant 4 niveaux de puissance. Un arbre de compétence simplifié par rapport au premier épisode dans lequel, visiblement, certains joueurs peu coutumiers du RPG avaient tendance à patauger. Une orientation qui se ressent énormément dans le gameplay des missions principales et secondaires, essentiellement basées sur l'action. Entendons-nous bien, Mass Effect 2 offre toujours un univers riche, extrêmement vaste et varié, mais l'action y occupe une place prépondérante, au point que souvent, on a plus le sentiment de jouer à un shooter qu'à un jeu de rôle, un sentiment qui se dégageait déjà du premier opus mais qui se trouve accentué ici.
Test Mass Effect 2 Playstation 3 - Screenshot 72Sondez les planètes, une activité indispensable mais ô combien fastidieuse.
Dans la plupart des missions, une fois arrivé sur zone, on suivra un chemin assez contraignant renfermant une quantité plus que respectable d'ennemis, qu'ils soient Geths, mercenaires Krogan ou... disons autres. Du coup, le système de combat change lui aussi. Si la fameuse pause active, qui permet de geler l'action et d'assigner des ordres d'attaques aux deux équipiers qui nous accompagnent, est toujours là, le joueur peut attribuer ses compétences à des raccourcis. Un Adepte pourra donc sans problème utiliser ses pouvoirs biotiques en temps réel. On peut à présent ordonner à ses équipiers de se mettre à couvert sur une position précise et soi-même se protéger derrière un élément du décor. Les combats sont ainsi devenus particulièrement dynamiques, explosifs même. Avouons-le, certains n'y verront pas forcément un progrès. Toutefois, sous des dehors franchement bourrins, un joueur qui ne saurait user des complémentarités de ses équipiers, ou savoir quelle attaque pourra percer un bouclier ou un blindage n'ira pas loin. En gros, face aux adversaires les plus redoutables, point de survie sans un minimum de maîtrise de la pause active. Finalement, même si on reste un peu surpris par cette orientation, le résultat a son charme même si on regrette que les missions adoptent trop souvent un schéma similaire : arrivée, entrée et traversée de la zone de combat, objectif, sortie. Évidemment, certaines missions font exception mais côté quête principale, attendez-vous à du lourd. L'aspect RPG n'est néanmoins pas totalement mis de côté, pas plus que l'exploration et l'acharnement à remplir les quêtes annexes qui permettront d'accumuler les ressources et les informations. Seul moyen de développer les améliorations d'armes, d'armures ou du vaisseau. Des bonus qui remplacent en partie les anciens MODs et dont on aura sérieusement besoin.
Test Mass Effect 2 Playstation 3 - Screenshot 73Les points de vue spectaculaires ne manquent pas.
Cette violence va de paire avec le ton plus noir du jeu sans doute. Et pour y faire face, il va vous falloir soigner vos rapports aux autres. On souligne au passage l'importance des dialogues et des notions de conciliation ou de pragmatisme permettant de séduire ou d'intimider ses interlocuteurs mais ce sont surtout les rapports avec les équipiers qui nous intéressent. Un point que Bioware a tenu à placer au centre du jeu. Une très grosse partie du titre, pour ne pas dire l'essentielle, sera consacrée à la constitution et au renforcement de votre équipe. Dont on n'a pas le droit de dire grand-chose soit-dit en passant. Dans un premier temps, il faudra donc parcourir la galaxie de planète en planète pour enquêter sur nos futurs acolytes, les sortir d'une situation souvent épineuse puis s'assurer de leur soutien. La plupart se joindront à vous pour des raisons personnelles, mais c'est de leur loyauté dont vous aurez besoin. Une fois recrutés, ils vous soumettront tous des problèmes personnels qui seront autant de missions périlleuses. Puis, des choix cornéliens vous seront posés lors de cinématiques interactives qui pourront vous faire perdre leur confiance. Mais même si vous vous contrefichez de leurs états d'âme, sachez qu'un allié Loyal, dispose de plus de compétences et que ses capacités se répercutent sur tout le groupe. En gros, avant de pouvoir envisager la suite du jeu, vous devrez d'abord réellement préparer votre équipe et pas simplement lancer un recrutement vite fait, si l'équipe n'est pas soudée, vous courez au désastre. Or, prendre parti pour l'un, agacera forcément l'autre. Puis, une fois tout ce beau monde boosté, bien remonté... vous serez prêt pour la fameuse mission suicide dont Bioware nous rabat les oreilles depuis des mois.
Test Mass Effect 2 Playstation 3 - Screenshot 74La passerelle du Normandy, votre petit chez-vous.
Si le combat a pris une place importante dans le jeu, la narration, le scénario, l'univers, l'attachement aux personnages, le design sublime de certains environnements, l'ambiance ou encore l'immersion n'ont donc pas été laissés de côté. L'impossibilité de trop s'attarder sur certains aspects du jeu contraint un peu l'adoption d'un ton froid de catalogue dans ce test mais qu'on ne s'y trompe pas, une fois entré, sortir de ME 2 aura été difficile. Certes, le « tout combat ou presque » peut quelque peu décevoir, mais Mass Effect 2 a su conserver tout de ce qu'on a pu aimer dans le premier. En revanche, certains défauts ont la vie dure. A commencer par une multitude de quêtes annexes pas forcément passionnantes. Quantité de PNJ rencontrés dans les plus grandes villes vous confieront des missions secondaires mais d'autres se cachent dans l'exploration de planètes non répertoriées. Et là, on reste perplexe. En toute liberté, vous pouvez approcher une planète via la carte galactique puis, la scanner. En promenant un curseur sur la planète, vous la passez au crible, ce qui permet au pire de récolter des ressources, au mieux de trouver le point d'entrée d'une mission. Une option passablement rébarbative il faut le reconnaître. Enfin, autre détail qui fâche, en dépit d'une réalisation de haute volée, tant visuelle que sonore, Mass Effect 2 n'en a pas fini avec les bugs.
Test Mass Effect 2 Playstation 3 - Screenshot 75La mise en scène des dialogues est excellente.
Même si Bioware a opéré un changement de moteur sur cette version PS3, le tableau n'est pas encore exempt de défauts. Certes, certains vieux bugs sont corrigés et l'aliasing semble moins présent, mais cette fois c'est le framerate qui prend un coup dans l'aile avec quelques chutes plus ou moins violentes. Le bon vieux principe des vases communicants. En revanche, cette déclinaison Playstation 3 profite d'un joli bonus puisque les trois contenus téléchargeables payants des versions 360/PC sont ici offerts gratuitement. En outre, un comics interactif permettra aux joueurs n'ayant pas pu faire le premier épisode d'en découvrir l'histoire et surtout de réaliser les 6 choix importants du commandant Shepard. Une excellente initiative mais accompagnée d'une décision stupide : le comics n'est pas intégré sur le disque, il faut le télécharger sur le PSN. Miex vaut le savoir avant de se lancer dans l'aventure, car sans connaissance du scénario, vous ne piperez pas grand-chose à ce fabuleux space opera.

DC Universe Online

Bien qu'ils soient rares, les MMO situés dans un univers comics représentent un réel intérêt. Le principe, amenant à sauver ou persécuter les citoyens dans un monde ouvert avec un personnage que l'on aura soi-même créé de la tête aux pieds, se révèle des plus attirants, surtout pour les fans du genre. Du coup, ces derniers attendaient avec une certaine impatience ce DC Universe Online. Voyons ce que ça donne.
DC Universe Online L'univers DC Comics est forcément une mine d'or pour constituer un univers cohérent. Personnages charismatiques, antagonistes aux intentions claires, lieux connus et significatifs, il ne reste qu'à bâtir un MMO autour et l'affaire est dans le sac. Mais bien évidemment, on n'est pas au pays de Candy, et tout n'est pas si facile. Il reste encore à attirer le chaland avec un gameplay accrocheur et une réalisation qui tient la route. Mais avant de se poser ce genre de questions, commençons par la création du personnage. Comme le veut la tradition établie par les City of et Champions Online, le choix est vaste et nous permet vraiment de faire notre héros ou vilain souhaité. Que ce soit sa taille, son sexe, sa personnalité (qui modifiera surtout sa démarche), ses pouvoirs, ses capacités de déplacements, son physique ou encore son accoutrement, vous pouvez laisser parler votre créativité débordante et partir sur un géant musculeux en slip qui tire à l'arbalète, ou encore une femme-lézard en jogging et chapeau haut-de-forme capable de voler. Bon ok, ces exemples ne sont pas du meilleur goût, mais vous ferez sûrement mieux.
Test DC Universe Online PC - Screenshot 586Espérons que vous soyez plus inspiré pour la création de votre personnage...
Parmi les choix cruciaux, le type de pouvoirs et votre spécialisation d'arme font partie des plus importants. En effet, c'est à vous de choisir si vous voulez un arbre de compétence axé sur des sorts de glace ou sur le contrôle de la nature, par exemple. Pareil pour votre arme, ce qui débouchera sur une panoplie de combos à débloquer au fur et à mesure de votre leveling. Car à chaque passage de niveau, il vous est attribué soit un point de compétence, soit un point de pouvoir (chacun leur tour) afin d'améliorer votre personnage. Un autre point important concerne votre mode de déplacement. Si seulement trois choix s'imposent à vous, le vol, la super-vitesse et les acrobaties, il sera aussi possible de les booster via les points de compétence afin de se mouvoir plus vite par exemple. Quel que soit le mode de déplacement choisi, vous pourrez crapahuter aisément dans la ville, en volant par-dessus les immeubles ou en effectuant de gigantesques sauts. L'impression de liberté est donc optimale même si la taille conséquente de l'environnement a ses défauts que nous évoquerons plus tard.
Test DC Universe Online PC - Screenshot 587Les quêtes sont séparées en micro-objectifs qui rapportent tous de l'expérience, en plus d'un cadeau final.
Si DC Universe Online semble parti sous de bons augures, le tableau se noircit un peu quand on s'intéresse de près au gameplay. Tout d'abord, la plupart des quêtes lambda proposées par les NPC ou par votre mentor (choisi au préalable) ont beau être très utiles, voire indispensables, pour prendre des niveaux, elles sont aussi et surtout particulièrement ennuyeuses et redondantes. Dans la plupart des cas, il faudra combattre un certain nombre d'ennemis ou encore effectuer quelques tâches en zone hostile, comme sauver des étudiants ou au contraire, si on est du côté des méchants-pas-beaux, les contaminer. Malheureusement, ce concept s'essouffle très tôt et on en a ras le bol avant même d'avoir goûté aux « quêtes spéciales » accessibles plus tard. Si on se doutait qu'on allait passer pas mal de temps à flanquer des roustes, on espérait un peu plus de diversité. D'autant qu'en soi, le système de combat n'est pas vraiment folichon. Bien que vous puissiez enchaîner vos coups grâce à des combos comme spécifié précédemment, le résultat final ressemble tout de même à un gros pugilat, d'autant que l'emploi de pouvoirs, disponibles grâce à six raccourcis, s'ajoute au joyeux bazar ambiant. Alors certes, le principe même du jeu pousse à de nombreuses confrontations directes. Mais cela reste tout de même lassant et fort peu divertissant, surtout quand la caméra fait des siennes alors même que l'on peut théoriquement la diriger comme bon nous semble, que ce soit sur PC ou PS3. De plus, cibler les adversaires peut s'avérer chaotique quand on est entouré de quatre ou cinq mobs bougeant dans tous les sens Dommage.
Test DC Universe Online PC - Screenshot 588Les décors font vraiment pâle figure
Toutefois, pour vous rassurer un peu, sachez que chaque série de quêtes se finit par une mission instanciée plus scénarisée, même si la qualité de la trame n'est pas toujours égale. Par exemple, la mission qui oppose Parasite à Power Girl est vraiment à la limite du risible... Peu importe, cela permet d'amener un peu de piment et de diversité, ce qui est forcément le bienvenu, d'autant que chacune de ces quêtes instanciées se termine par une confrontation avec un boss, toujours issu de l'univers comics, contre lequel les combats sont souvent un peu plus stratégiques, même si le tout manque malheureusement de dynamisme. Plus tard, il est possible de participer aux Alertes, que l'on pourrait résumer à des quêtes de groupe en zone d'instance. L'important ici, c'est que chaque joueur peut changer de rôle pour devenir healer, tank ou DPS, en sachant que les Alertes sont prévues pour quatre joueurs à la fois. Mais encore une fois, le malheur s'abat sur DC Universe Online puisque l'intérêt de ces missions à plusieurs s'avère une nouvelle fois bancale. Très souvent il faudra accomplir quelques objectifs très classiques dans une salle et battre un certain nombre de monstres pour voir apparaître un boss. Du coup, on est fortement déçu par le manque d'originalité, d'autant qu'on a pratiquement droit au même scénario à chaque instance... Une fois arrivé au niveau 30, ce qui est le maximum actuellement, on a accès aux Raids, sortes de versions évoluées des Alertes. De plus, les Alertes déjà réalisées peuvent être refaites en mode Hard histoire de faire perdurer le challenge. A ce propos, votre principale activité après le niveau 30 consistera à récupérer des Marques de différents types, permettant ainsi d'acheter des armes puissantes et des armures de légendes, entre autres choses. Dommage que pour certaines Marques, on soit obligé de refaire des missions déjà effectuées, avec comme seule différence le niveau des ennemis...
Test DC Universe Online PC - Screenshot 589Si vous choisissez un serveur PvP, rappelez-vous que personne ne vous fera de cadeau.
Les amateurs de castagnes entre joueurs ne sont pas oubliés car le PvP est bel et bien présent dans DC Universe Online, et il est possible de jouer sur des serveurs spéciaux Joueurs contre Joueurs si on le souhaite. Pour le moment, on ne peut pas dire que le fair-play soit de mise, car de petits plaisantins déjà haut-niveau s'amusent à attaquer les joueurs débutants dans des zones où ils sont obligés de passer pour leurs quêtes. Résultat, vous risquez de perdre énormément de temps pour votre première partie et votre leveling risque de s'en ressentir. Mourir cinq ou six fois d'affilée parce que vous êtes poursuivi par un joueur contre lequel vous n'avez aucune chance ne donne franchement pas envie de continuer, même si on se doute que ce type de serveurs est forcément dangereux. Mis à part cela, et quel que soit le type de serveurs que vous choisissez, vous aurez aussi accès à des combats PvP en arène et des événements de groupe histoire de satisfaire vos besoins de tabasser votre prochain.
Test DC Universe Online PC - Screenshot 590Les combats vous opposent souvent à une ribambelle d'adversaires que vous bourrinerez sans cesse.
Bon, pour le moment, le tableau de DC Universe Online que l'on vient de peindre ressemble plus à une croûte qu'autre chose, c'est vrai... Mais ne croyez pas que le soft ne possède aucun avantage. Par exemple, déjà évoquée, la personnalisation de son avatar est vraiment impeccable, et cela continue une fois en partie. Car si chaque pièce d'équipement est visuellement portée par le joueur, il peut très bien choisir de faire apparaître un autre style vestimentaire que son matos réellement porté... Comment ça c'est pas clair ? Bon, on va le faire autrement alors. L'équipement qui augmente vos stats et celui qui s'affiche aux autres joueurs peuvent être différents si vous le souhaitez. C'est mieux là ? Bref, même si cette feature n'est pas nouvelle, elle est forcément bienvenue. Mais encore une fois, nous allons devoir frapper du marteau de la honte les skins des joueurs, voire même en règle générale les textures de DC Universe Online. Bien que son statut de MMO à univers particulièrement ouvert puisse lui procurer des excuses, il faut bien avouer que les décors sont souvent laids, sans vie et répétitifs. De plus, quelques bugs visuels peuvent poindre le bout de leur nez si vous jouez un petit peu trop avec les déplacements, ou si vous allez là où les développeurs espéraient que vous n'alliez pas. Il faut bien avouer que cela fait un peu « produit pas fini », chose assez inacceptable pour un titre dont l'abonnement coûte 15 euros pas mois.
Enfin, on peut aussi se plaindre de l'interface un peu invasive qui vous empêche de jouer avec votre inventaire ouvert par exemple. Bref, DC Universe Online est clairement une déception qui, en l'état, ne mérite vraiment pas de miser autant de deniers dedans. Le titre manque clairement de finition et de clarté, tant dans le gameplay que dans la réalisation visuelle. On espère vraiment que des patchs viendront rafistoler tout ça...

Dead Space 2

A l'image de Ripley, Isaac Clarke semble voué à affronter une menace venue d'ailleurs et ce jusqu'à son dernier souffle. En 2008, Visceral Games nous avait prouvé qu'on pouvait bel et bien nous entendre crier dans l'espace. Deux ans plus tard, le résultat est encore pire puisque les cris ont cédé leur place à des hurlements. Récit d'une aventure tétanisante aux confins du système solaire.
Dead Space 2 Le doute, la colère, la peur, la culpabilité. Tous ces sentiments habitèrent Isaac avant que le vide glacial de l'espace ne le happe pour l'offrir aux ténèbres échappées de l'Ishimura... Station de la Méduse, en orbite autour de Saturne, quelques années plus tard. Rescapé miraculeux d'un massacre sans nom, l'ingénieur muet revient à la vie et s'il récupère en passant l'usage de la parole, il n'en aura pas moins le souffle coupé en découvrant ce qui l'attend à nouveau. Vous l'aurez certainement compris, Isaac Clarke fait partie de ces héros maudits, de ceux qui vivent par la souffrance en cherchant désespérément un moyen d'en éliminer la cause. Malheureusement, avec des pères comme ceux de Visceral Games, l'homme ne semble pas près de trouver le repos mérité. Mais ne brûlons pas les étapes et revenons quelque temps en arrière. Il y a deux ans, Isaac réussissait à échapper à une horde de Nécromorphes en furie et à détruire le Monolithe, symbole d'une puissance extraterrestre millénaire enfouie au coeur de la planète Aegis VII auquel une horde de fanatiques avait voué allégeance. Ayant bravé l'indicible et obtenu le pardon de sa femme disparue, l'homme était parvenu à s'échapper de la planète même si le dernier plan de l'aventure laissait planer le doute sur un avenir bien incertain.
Test Dead Space 2 Xbox 360 - Screenshot 109Dans ces cas-là, la stase est à préconiser.
De ces événements, narrés dans une vidéo récapitulative pour ceux n'ayant pas osé faire le voyage aller, découlent directement ceux du second débouchant sur une introduction ne nous laissant pas une seule seconde de répit. Si nous ne vous en dirons pas plus histoire de ne pas vous gâcher la surprise, précisons néanmoins que cette entrée en matière n'est nullement le reflet qualitatif du scénario bien trop engoncé dans des poncifs de série B. De fait, il convient de bien distinguer les deux éléments que sont la mise en scène et le synopsis. Si le premier met dans le mille grâce à des séquences à couper le souffle, le second en revanche se révèle si minimaliste qu'on en serait presque gêné pour l'auteur. Pour autant, Visceral a essayé d'améliorer les choses en rendant Isaac plus humain et surtout plus réceptif en lui permettant d'interagir verbalement avec les rares personnes qui croiseront sa route. Cependant, aussi louables soient-elles, ces intentions tombent à l'eau et prêtent même à sourire surtout lorsque notre personnage sursaute à la vue d'un conduit d'air percé alors qu'il vient d'affronter les pires horreurs existantes.
Test Dead Space 2 Xbox 360 - Screenshot 110C'est donc ça qu'on appelle une explosion de joie ?
Second degré ? Rien n'est moins sûr surtout lorsqu'on se rend compte que les rescapés rencontrés n'ont aucune épaisseur et qu'ils disparaîtront aussi vite qu'ils sont apparus. Du coup, difficile de s'attacher à eux et de ressentir de l'empathie pour Isaac qui devra une fois pour toutes faire le deuil de son passé en essayant d'aller de l'avant. Si la façon de l'y amener nous procurera dès lors de délectables montées d'adrénaline, le tout retombera comme un soufflet après une fin intéressante par certains côtés mais surtout expédiée en une poignée de secondes pour déboucher sur un dernier plan à l'attention des fans du premier opus et surtout un dialogue "Metal Gear Solidesque" post-générique de fin offrant quelques indices sur l'avenir de la série. Dommage donc que Visceral n'ait pas pris un peu plus de temps pour peaufiner l'aspect narratif d'autant qu'on y trouve encore plusieurs références cinématographiques et un environnement de jeu beaucoup plus vaste et varié que précédemment.
Test Dead Space 2 Xbox 360 - Screenshot 111L'ensemble des personnages de cet opus manque singulièrement d'épaisseur.
Eclectiques et nauséeux, les décors de Dead Space 2 se reposent à nouveau sur l'étonnante conclusion voulant qu'un lieu spacieux soit aussi effrayant qu'un couloir exigu, la façon d'amener l'angoisse étant différente pour un résultat similaire. D'ailleurs, il est appréciable de constater que malgré des doutes bien légitimes, l'équilibre entre action et effroi est à nouveau là exception faite des trois derniers chapitres optant un peu trop facilement pour une marche en avant forcée synonyme d'action non-stop. Ceci étant, les occasions de sursauter ne manqueront pas tout au long de l'aventure, entrecoupées par des instants de pure poésie macabre et des passages éprouvants pour les nerfs symbolisés par une quantité effarante de Nécromorphes à occire. Pas de panique cependant puisque vous aurez les moyens de vous défendre, votre arsenal d'antan étant agrémenté de quelques nouvelles pétoires à l'image du Lance-javelot, du Fusil chercheur ou du très utile Détonateur. Bien entendu, il conviendra toujours d'alterner entre les quatre armes que vous pourrez porter simultanément et votre pouvoir de stase afin de bloquer les ennemis les plus véloces. Retenez également que vous aurez la possibilité d'user de "bonbonnes" de stase disséminées ici et là pour retenir plus longtemps vos adversaires ou les projeter dans l'espace en détruisant certaines vitres. Une idée astucieuse dans le sens où le bestiaire, dépourvu de véritables boss, se voit lui aussi agrémenté de quelques nouvelles têtes dont des dérivés de raptors attaquant, à l'image de leurs lointains ancêtres, en bande organisée.
Test Dead Space 2 Xbox 360 - Screenshot 112Faites bien attention aux bonus alloués à vos armures.
Vous aurez alors tôt fait de partir à la recherche des points de force et autres moyens de paiement pour customiser votre équipement, acheter des munitions ou porter la dernière armure à la mode. A ce sujet, précisons que Visceral a cette fois intégré davantage de modèles, l'esthétique des armures étant au moins aussi importante que le nombre de cases d'inventaire et les divers bonus offerts en prime. Mais pour faire vos emplettes, encore faudra-t-il trouver un stock. Ici, on regrettera une gestion moins bien optimisée que par le passé, les points de sauvegarde étant souvent éloignés des stocks. De fait, on devra souvent faire de grands allers-retours pour refaire le plein, si tant est qu'on nous en laisse le choix, ou tenter le diable et aller au combat en priant Dieu le père. On se demandera donc si cette façon de faire a été pensée pour corser la difficulté ou si c'est tout simplement dû à un manque de lucidité chez les développeurs. Quoi qu'il en soit, le challenge se révélera plus important que dans Dead Space et ce dès le mode Normal. Grisant d'autant qu'une fois l'aventure terminée, vous pourrez la reprendre dans un New Game + en conservant tout votre équipement et en choisissant un autre mode de difficulté, chose impossible dans le précédent opus. Nous vous laissons donc imaginer l'angoisse qui sera vôtre en Difficile, Fanatique ou bien encore en Fou Furieux où vous n'aurez droit qu'à trois sauvegardes !
Test Dead Space 2 Xbox 360 - Screenshot 113Bien que fortement limité pour l'instant, le mode multi s'avère bien fun avec trois potes.
Mais au-delà dudit challenge, on retiendra surtout de ce Dead Space 2 une progression bien mieux pensée, construite autour d'un meilleur agencement de séquences ou tout simplement de phases en Zéro G désormais plus libres. Sur ce point, rien à dire, c'est du grand art, le titre nous soumettant plusieurs passages voués à devenir cultes. Entre une "promenade" dans les méandres de la station infestée de Rôdeurs en passant par une séquence planante dans l'espace fief d'éclairages confinant au sublime, on aura du mal à rester de marbre devant une telle maestria visuelle. Mais au-delà de la forme, c'est également le plus apporté par ces passages, basés la plupart du temps sur la vitesse, les réflexes et une pincée de réflexion, qui finira de nous convaincre que le tout a réellement un intérêt au sein même de la construction du titre. Bien entendu, cela nous vaudra également des jeux de mise en scène effarants ou comment être projeté dans le vide intersidéral tel un boulet de canon pour éviter des débris de La Méduse avant de tomber comme une pierre dans un réduit pour atterrir dans l'enceinte du bâtiment en prenant une pose iconique renvoyant au statut super-héroïque d'Isaac. De fait, au-delà de la séquence tout simplement bluffante, et sans temps de chargement apparent, le tout est surtout le moyen de nous présenter Isaac tel un gladiateur du futur. L'homme a beau être plus fragile, il n'en reste pas moins celui par qui tout arrive et par qui tout doit se terminer.
Test Dead Space 2 Xbox 360 - Screenshot 114Quand tu me prends dans tes bras, que tu m'vomis tout bas, je vois la vie en rose.
D'ailleurs, on félicitera Visceral d'avoir une nouvelle fois privilégié le solo, véritable coeur du titre, au mode multijoueur fort sympathique mais sur le court terme. Il faut dire que pour l'heure, ces sessions entre 4V4 ne proposent pas de véritable mode de jeu à proprement parlé et seules cinq petites maps se battent en duel. Rageant d'autant qu'on imagine fort bien qu'EA proposera d'ici peu des DLC dédiés à ce mode qui ne demande qu'à s'affirmer. Pour l'heure, chaque partie vous permettra d'incarner un groupe d'ingénieurs puis, dans une seconde manche, un groupe de Nécromorphes. Chacune des maps demandera alors auxdits ingénieurs d'effectuer un objectif (actionner plusieurs ordinateurs pour utiliser des capsules de sauvetage, détruire un Monolithe, faire exploser une bombe...) tandis que les Nécromorphes devront simplement tenter d'éliminer leurs adversaires. On aurait d'ailleurs apprécié un meilleur équilibre entre les deux factions, les ingénieurs étant tout de même plus simples à prendre en main d'autant que ceux-ci bénéficient à chaque début de partie, et résurrection, d'une grande trousse de soin, d'une charge de stase, d'une mitraillette et d'un Cutter Plasma. A ce sujet, sachez qu'il sera possible de débloquer quatre autres armes et 16 skins d'armures (se limitant à des badges ou de nouvelles couleurs) en montant de niveau.
Test Dead Space 2 Xbox 360 - Screenshot 115Certaines phases en Zero G se passent de commentaires.
Idem pour les créatures qui verront leurs capacités d'attaque augmenter notamment. Précisons également que pour peu qu'on joue avec trois amis, il conviendra de former une équipe disparate en choisissant chacune des quatre créatures à disposition, ces dernières étant complémentaires. En effet, alors qu'il sera possible de sauter sur son adversaire avec La Meute, le Vomisseur, plus lent mais plus résistant, sera idéal pour attaquer au corps-à-corps ou immobiliser un ingénieur avec ses sucs gastriques, la visée étant tout de même moins précise. Enfin, le Rôdeur sera idéal pour se planquer en hauteur afin d'arroser l'ennemi pendant que le Cracheur se jettera à corps perdu en privilégiant l'attaque éclair. Notons enfin que les Nécromorphes seront aidés par des hordes de congénères dirigés par l'IA et qu'il sera possible de choisir l'endroit par lequel on désire arriver à chaque résurrection afin de surprendre l'adversaire. Marrant même s'il aurait été beaucoup plus drôle de pouvoir le faire en pleine partie afin d'user au mieux de la topographie des maps. Frustrant donc surtout que le level design des cartes est bien pensé, celles-ci étant d'une bonne taille et permettant de surprendre l'ennemi assez facilement.
Test Dead Space 2 Xbox 360 - Screenshot 116Les différences chromatiques très marquées apportent énormément à l'ambiance.
Vous aurez donc compris que le multijoueur, fils illégitime de Left for Dead, ne manque pas d'ambition mais pour l'heure, le tout reste trop anecdotique pour concurrencer le solo. On ne s'en plaindra pas pour être franc tant la franchise semble avoir encore à nous offrir. Puisant directement à la source du 7ème art horrifique pour en retirer la substantifique moelle, Visceral Games nous prouve à nouveau son talent lorsqu'il s'agit de concevoir un produit hybride ne se bornant pas à singer bêtement ses modèles cinématographiques. Au lieu de ça, les développeurs américains ont permis à leur bébé de grandir en lui offrant un souffle épique confortablement lové entre des fragrances de stress et des effluves de peur. Il y a fort à parier que le résultat ne convienne pas à tout le monde mais il serait hypocrite de nier son incontestable réussite permettant en seulement deux épisodes de propulser l'épopée d'Isaac en tant que fer de lance d'un genre bien défini. Il n'en fallait pas moins pour sonder à nouveau l'espace infini en espérant recevoir très prochainement un nouveau signal de Visceral.

Inazuma Eleven

Grande habituée des charts Japon depuis bientôt trois ans, la série Inazuma Eleven arrive enfin sur nos DS européennes. Et pour ne rien gâcher, le premier volet nous est proposé dans une version optimisée et entièrement localisée. Il ne reste donc plus aucune excuse pour ne pas se plonger dans ce mélange de football et de jeu de rôle qui plaira à n'en point douter aux fans de Captain Tsubasa.
Inazuma Eleven A l'instar d'un certain Olivier Atton, Mark Evans est un jeune garçon passionné de football dont le ballon est le meilleur ami. Courageux et volontaire, il a pour objectif de se hisser au plus haut niveau et de participer au Football Frontier qui rassemble les meilleurs joueurs nationaux. Mais avec l'équipe de jambes cassées du collège Raimon où il étudie, c'est pas gagné ! L'effectif est d'ailleurs en chute libre : les six autres joueurs encore inscrits, totalement démotivés, attendent avec résignation la dissolution du club. Mark réussit pourtant à enrôler quelques nouvelles recrues et à convaincre ses équipiers d'affronter la terrible Royal Academy qui leur barre l'accès au Tournoi national. Hélas, le courage et la persévérance ne suffisent pas toujours, puisque l'équipe de Raimon encaisse un cuisant 20-0 à quelques minutes de la fin. L'un des joueurs, lassé de se faire humilier de la sorte, décide même de quitter le terrain. C'est au moment où tout semble perdu qu'un certain Axel Blaze entre en scène : ancien joueur de haut niveau connu pour l'efficacité de sa frappe, la Tornade de feu, il décide de venir en aide à l'équipe de Raimon. Le vent va-t-il enfin tourner ?
Test Inazuma Eleven Nintendo DS - Screenshot 47Vous rencontrerez régulièrement des équipes pas possible !
Les fans de Captain Tsubasa (plus connu du grand public sous le nom d'Olive et Tom) constateront très vite qu'Inazuma Eleven entretient de nombreuses similitudes avec leur série fétiche. On y retrouve ces mêmes garçons qui ne vivent que pour le football et qui rivalisent d'exploits héroïques dans des rencontres au sommet, où ils se livrent des duels terribles et défient les lois de la physique. Le titre de Level 5 est d'ailleurs au centre d'une vaste franchise regroupant également manga, série animée et produits dérivés. Ces ambitions se mesurent dans le degré de finition du jeu, qui s'ouvre sur un générique entièrement doublé en français et multiplie les incursions de séquences animées d'une qualité similaire à celles des Professeur Layton. Caractérisées par une théâtralisation délicieusement excessive (le débarquement de la Royal Academy est un grand moment), ces cut-scenes sont le point d'orgue d'une composante scénaristique très prononcée, qui tout en étant ce qu'elle est (à savoir volontairement naïve et caricaturale), joue avec brio de ses ressorts dramatiques et multiplie les rebondissements. Le jeu se révèle même un peu verbeux par moments, il faudra s'y faire. Il faut dire qu'en comparaison de Captain Tsubasa : New Kick Off sorti récemment sur le même support, Inazuma Eleven est doté d'une composante RPG bien plus prononcée.
Test Inazuma Eleven Nintendo DS - Screenshot 48Le gameplay est fun mais relativement peu tactique et technique.
On y retrouve en effet l'architecture et les caractéristiques de la plupart des jeux de rôle japonais : on dirige un petit groupe de quatre personnages, on explore plusieurs lieux (en l'occurrence, les différents secteurs d'un collège et d'une ville), on interagit avec de nombreux PNJ plutôt loquaces, on est soumis à des rencontres aléatoires (sous forme de défis lancés par les autres clubs du collège), on gagne de l'expérience, on progresse en niveau, on acquiert de nouvelles capacités (forcément footesques) et on s'équipe, avant d'affronter une grosse équipe qui fait figure de boss de fin de chapitre. Le gameplay présente notamment de fortes similitudes avec la série Pokémon. Il y a ainsi plus de 1000 joueurs à recruter (parmi les autres clubs du collège ou les équipes déjà affrontées), disposant chacun d'un nom et d'un look spécifique, ainsi que d'un poste donné et de caractéristiques propres recouvrant plusieurs domaines (frappe, vitesse, endurance, précision, etc.). Comme dans Pokémon, chaque personnage et chaque technique est affilié à un élément en vertu d'un système qui a fait ses preuves (la terre bat le feu qui bat le bois, etc.). Un joueur peut apprendre jusqu'à 6 techniques différentes, qui s'obtiennent par plusieurs biais : en montant de niveau, en lisant des manuscrits dédiés ou bien à l'occasion d'événements de matchs scénarisés.
Test Inazuma Eleven Nintendo DS - Screenshot 49Les techniques spéciales sont délicieusement abusées.
Assez classique dans ses aspects de jeu de rôle, Inazuma Eleven se révèle plus original – voire quelque peu déroutant – quand on entre dans le vif du sujet. Les matchs bénéficient en effet d'une jouabilité entièrement tactile qui permet de déplacer un joueur, de passer le ballon ou de cadrer une frappe d'un simple coup de stylet. S'il est possible de réaliser certaines actions typiques comme une passe en profondeur ou un débordement suivi d'un centre et d'une reprise de volée, le skill y tient un rôle secondaire. Aussi bien placée soit-elle, une frappe ne fera jamais mouche si le gardien possède encore suffisamment de PT pour utiliser une capacité spéciale. Car dès qu'un joueur est arrêté ou menacé par un adversaire, un duel s'engage automatiquement, offrant le choix entre plusieurs options (esquiver, intercepter, tacler, etc.) dont l'issue est le résultat d'un savant calcul statistique. Mais ces confrontations donnent également la possibilité d'utiliser une technique adaptée à la situation. "Dribble rafale", "Tir comète", "Confusion", "Main Céleste"... Ces coups spéciaux variés et spectaculaires font tout l'attrait du jeu. Il faut toutefois garder à l'esprit que les matchs sont scénarisés (et parfois même elliptiques) et obligent à composer avec certaines contraintes pour espérer l'emporter. Mais c'est aussi ce qui fait leur charme, d'autant qu'ils sont l'occasion de rencontres improbables et bien barrées (cf. l'équipe d'Occult qui paralyse les joueurs adverses !).
Test Inazuma Eleven Nintendo DS - Screenshot 50Il y a de nombreuses façons de booster les stats de ses joueurs.
D'aucuns regretteront pourtant qu'en dépit de la disponibilité de plusieurs formations et d'une pause active, le jeu ne soit pas plus tactique, et que les performances dépendent bien moins de notre habileté au stylet que du niveau des joueurs. On comprend vite qu'il suffit de booster leurs caractéristiques en se rendant au centre d'entraînement pour y réaliser des exercices spécifiques, ou encore de leveler en multipliant les défis, dont les objectifs (intercepter le ballon, marquer le 1er but) manquent cruellement de variété. Du coup, malgré une base de joueurs extrêmement fournie, le recrutement est d'un intérêt limité : on a tendance à focaliser rapidement ses efforts sur les mêmes joueurs, d'autant que les techniques spéciales peuvent être transmises d'un équipier à l'autre. Il reste que ces petits défauts ne sont pas spécifiques à Inazuma Eleven, mais partagés par de nombreux RPG japonais. On se chagrinera davantage de l'absence de jeu en ligne, qui contraint à se rabattre sur le local pour profiter d'un multi que nous n'avons pas eu l'occasion de tester. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas à faire la fine bouche, car Level 5 nous offre là un savoureux mélange de football et de jeu de rôle, sachant que cette version européenne bénéficie des améliorations des derniers opus sortis au Japon ainsi que d'une localisation très réussie. On attend la suite avec impatience !